Binance ferme des comptes en France le 31 décembre
Binance clôt le 31 décembre 2026 les comptes concernés en France, Espagne, Italie et Pologne. Des frais débutent le 29 novembre : dates, raisons, options.

Binance fermera le 31 décembre 2026 les comptes concernés en France, en Espagne, en Italie et en Pologne. Un porte-parole de la plateforme l'a confirmé à CoinDesk le 7 novembre. Les dépôts sont déjà bloqués, les retraits restent ouverts, et des frais mensuels doivent toucher les soldes restants à partir du 29 novembre.
Cryptome ne donne pas de conseil en investissement. Cet article rassemble ce qui est établi, ce qui reste flou et les points à vérifier si vous détenez un compte sur cette plateforme.
Pourquoi Binance ferme-t-elle des comptes en France ?
Tout part de MiCA, le règlement européen sur les cryptoactifs. Il impose une autorisation à toute entreprise qui propose ce type de services dans l'Union. Les sociétés déjà enregistrées en France sous l'ancien régime, celui de la loi Pacte, avaient jusqu'au 1er juillet 2026 pour l'obtenir.
Binance France figurait sur la liste française depuis mai 2022. Son enregistrement a expiré automatiquement le 2 juillet, selon l'AMF, le gendarme français des marchés financiers, citée par CoinDesk. Tous les acteurs restés sans agrément à cette date ont connu le même sort.
Le groupe avait déposé sa demande en Grèce. Il l'a retirée en juin et dit vouloir en présenter une dans un autre pays de l'Union, sans le nommer. D'après CoinDesk, son nom n'apparaît pas au registre de l'ESMA, l'autorité européenne des marchés.
Binance quitte-t-elle vraiment l'Europe ?
Officiellement, non. Son porte-parole évoque une restriction progressive de certains services pour les utilisateurs concernés, et assure que l'engagement du groupe envers l'Europe « reste inchangé ». La démarche d'autorisation serait toujours en cours.
Les quatre pays visés sont ceux où Binance exploitait des sociétés locales. Au Portugal, où elle n'en avait pas, la situation paraît moins nette, même si les restrictions européennes générales s'y appliquent. Sans licence obtenue, sans pays désigné et sans calendrier, un retour ne peut pas être tenu pour acquis.
Quelles sont les dates à connaître ?
Dès maintenant : les dépôts sont bloqués. Les retraits de cryptos et d'euros restent possibles.
29 novembre 2026 : premier calcul des frais, avec un prélèvement dans les trois jours qui suivent.
Après le 24 décembre : nouveau calcul, qui peut entraîner un second prélèvement.
31 décembre 2026 : fermeture des comptes concernés.
Combien coûtent ces frais ?
Le barème annoncé aux clients est de 0,025 % par mois du solde crypto restant, ou de 10 USDC si ce montant est plus élevé. L'USDC est un stablecoin, une cryptomonnaie adossée au dollar. Ces conditions proviennent des messages reçus par les utilisateurs, tels que rapportés par CoinDesk.
Le calcul est simple : le minimum de 10 USDC s'applique à tous les soldes inférieurs à environ 40 000 USDC. Plus un compte est petit, plus la ponction pèse. Si le solde ne couvre pas les frais, il peut être prélevé en totalité. Le prélèvement vise d'abord les USDC du compte, puis les autres cryptos.
Que devient l'argent laissé après le 31 décembre ?
Les comptes qui contiendront encore des cryptos seront traités comme inactifs. Selon CoinDesk, les avoirs pourront alors être convertis ou transférés, en application des conditions d'utilisation de la plateforme. Ni la date ni les modalités exactes de ces opérations n'ont été précisées.
D'après crypto.news, récupérer des fonds à ce stade pourrait demander des vérifications supplémentaires. Rien n'indique, en revanche, que les avoirs seraient perdus d'office : la zone d'incertitude porte sur la forme qu'ils prendraient, le délai et le coût.
« Les retraits restent ouverts. Laisser dormir un solde, lui, aura un coût dès le 29 novembre. »
Quels points vérifier si vous avez un compte ?
Ces éléments sont donnés à titre d'information et ne tiennent pas compte de votre situation personnelle.
Savoir si l'on est concerné. Le plus sûr est de consulter les messages depuis l'application officielle ou en tapant soi-même l'adresse du site, puis de lire les dates qui y figurent.
Connaître les sorties possibles. L'AMF rappelle que les clients d'un prestataire qui cesse son activité doivent pouvoir se faire restituer leurs cryptoactifs, les transférer vers un prestataire autorisé ou les céder. Un acteur autorisé se vérifie sur la liste blanche de l'AMF, et nos critères pour choisir une plateforme agréée détaillent la démarche. Garder ses cryptos soi-même, sur un portefeuille personnel, est une autre voie, avec ses propres risques.
Anticiper le coût d'un retrait. Un compte entièrement vidé avant le 29 novembre échappe aux frais mensuels décrits plus haut. Les frais de réseau habituels, eux, ne sont pas annoncés comme offerts. L'adresse de destination et le réseau choisi doivent correspondre : une erreur sur une blockchain est le plus souvent irréversible.
Pour toute question fiscale liée à ces mouvements, impots.gouv.fr ou un conseiller restent les bons interlocuteurs.
Comment repérer un faux message de Binance ?
Une date butoir, des frais annoncés, des clients inquiets : ce contexte convient parfaitement aux escrocs. Il faut donc s'attendre à de faux courriels ou SMS réclamant un transfert « urgent » vers une prétendue adresse de sécurité.
Aucun service légitime ne demande les 12 ou 24 mots de récupération d'un portefeuille. Un lien reçu par message ne devrait jamais servir à se connecter. Notre article sur les arnaques au faux support décrit les scénarios les plus courants.
Ce que cette affaire dit du marché européen
Dans son communiqué de juillet, l'AMF annonce suivre avec attention les plans de cessation d'activité des acteurs privés d'agrément, avec une priorité affichée : préserver les intérêts des clients. MiCA ajoute des exigences sur la conservation des avoirs et le traitement des réclamations.
Pour les particuliers, l'épisode rappelle qu'une plateforme connue peut perdre le droit d'opérer dans un pays en quelques mois. Le risque ne se limite donc pas aux variations de prix : nos explications sur les risques des cryptos couvrent aussi celui de dépendre d'un intermédiaire.
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