Guide15 oct. 20269 min

Choisir sa plateforme crypto : vérifier l'agrément MiCA

Depuis le 1er juillet 2026, seules les plateformes agréées peuvent servir les Français. Comment le vérifier en deux minutes, et ce que ça change.

Loupe en laiton posée sur un porte-documents en cuir bleu, image de la vérification

Pour acheter ou garder des cryptos en France, il faut passer par un prestataire agréé, appelé PSCA (prestataire de services sur crypto-actifs). C'est obligatoire depuis le 1er juillet 2026. La vérification est gratuite et prend deux minutes sur le site de l'AMF, le gendarme de la Bourse. Si la plateforme n'apparaît pas sur la liste, on s'arrête là.

Qu'est-ce qui a changé le 1er juillet 2026 ?

Jusqu'ici, la France avait son propre statut, le PSAN, créé par la loi Pacte. Le règlement européen MiCA l'a remplacé par un statut commun à toute l'Union, le PSCA. Les anciens PSAN ont eu jusqu'au 1er juillet 2026 pour obtenir le nouvel agrément. Ceux qui ne l'ont pas obtenu n'ont plus le droit de proposer leurs services et doivent organiser leur fermeture, en prévenant leurs clients.

Le 6 juillet 2026, l'AMF annonçait avoir agréé 31 acteurs en France, et en comptait 283 dans l'ensemble de l'Union européenne. D'autres dossiers étaient encore en cours d'examen.

31prestataires agréés en France au 6 juillet 2026, et 283 dans l'Union européenne, selon l'AMF

Une plateforme agréée dans un autre pays européen peut aussi servir les clients français, à condition d'en avoir fait la demande. Elle figure alors sur la même liste de l'AMF. En revanche, il n'existe aucune équivalence pour les pays hors de l'Union : une société seulement agréée aux États-Unis ou à Dubaï, par exemple, n'a pas le droit de vous servir au titre de MiCA.

Comment vérifier une plateforme en deux minutes ?

1. Trouvez le nom exact de la société. Pas la marque affichée sur l'application, mais la raison sociale inscrite dans les mentions légales ou les conditions générales. Une même marque peut cacher plusieurs sociétés.

2. Cherchez ce nom dans la liste blanche de l'AMF. La fiche de chaque prestataire indique son statut et les services qu'il a le droit de rendre : garde de vos cryptos, échange contre des euros, transferts, etc.

3. Vérifiez avec qui vous signez. C'est la mise en garde la plus importante de l'ESMA, l'autorité européenne : les protections de MiCA ne valent que pour la société agréée dans l'Union, pas pour une filiale du même groupe ni pour une entité basée hors d'Europe. Si votre contrat est signé avec une autre société que celle de la liste, vous n'êtes pas protégé de la même façon.

4. Regardez aussi les listes noires, sans vous y fier seules. L'AMF le répète : ses listes noires ne sont pas exhaustives. Une plateforme qui n'y figure pas n'est pas fiable pour autant. Seule la liste blanche fait foi.

Deux exemples de vérification

Pour voir à quoi ressemble une vérification réussie, prenons deux plateformes connues du grand public. Ce sont des exemples, pas des recommandations. Le lien Crypto.com de ce guide est un lien de parrainage, signalé par la mention « Publicité ».

Crypto.com. Sur la liste blanche, la marque n'apparaît pas telle quelle : il faut chercher la société Foris Dax MT Limited, agréée à Malte, avec une date de début d'activité en France fixée au 12 février 2025. Sa fiche liste six services autorisés, dont la garde des cryptos, l'échange contre des euros et les transferts. Le site indiqué est bien crypto.com.

Revolut. Même logique : la société s'appelle Revolut Digital Assets Europe Ltd, agréée à Chypre, avec une date de début d'activité en France fixée au 21 octobre 2025. Elle est autorisée notamment pour la garde, l'échange et l'exploitation d'une plateforme de négociation. La fiche cite le site revolut.com. Si vous utilisez son application d'échange Revolut X, vérifiez dans les conditions générales que votre contrat est bien signé avec cette société : c'est exactement l'étape 3.

Deux enseignements. D'abord, le nom de la marque et celui de la société agréée sont presque toujours différents. Ensuite, ces deux prestataires sont agréés dans un autre pays de l'Union et servent la France grâce au passeport européen. Leur médiateur n'est donc pas celui de l'AMF, sauf pour un litige sur leur documentation commerciale : les démarches figurent dans leurs conditions générales.

« Sur la liste blanche, on continue. Absente de la liste blanche, on s'arrête. Il n'y a pas de troisième case. »

Ce que l'agrément vous apporte

Un prestataire agréé doit respecter les règles de MiCA, contrôlées par l'AMF en France. Les principales protègent directement le client :

Vos cryptos sont séparées des siennes. La plateforme doit tenir vos avoirs à part de ses propres actifs et en garder la trace, client par client. Vos euros doivent être déposés auprès d'une banque ou d'une banque centrale.

Les frais doivent être affichés. Le prestataire doit être transparent sur le coût de ses services et, pour les échanges, sur la façon dont il fixe ses prix.

Les réclamations ont une procédure. Chaque prestataire doit publier la sienne et traiter les plaintes rapidement et équitablement. Si la plateforme est agréée en France, vous pouvez en plus saisir gratuitement le médiateur de l'AMF en cas de litige.

La société doit être solide et bien tenue. MiCA impose un minimum de fonds propres, des dirigeants à l'honorabilité vérifiée, une gestion des conflits d'intérêts et un plan de continuité en cas de panne.

Ce que l'agrément ne vous apporte pas

L'agrément n'est pas une garantie de gain, ni une assurance. Si le prix d'une crypto s'effondre, la plateforme n'y est pour rien et vous ne serez pas remboursé.

Surtout, l'AMF le rappelle : même si la plateforme est agréée, vos cryptos ne sont pas couvertes par le Fonds de garantie des dépôts en cas de faillite. Ce filet de sécurité, qui protège vos comptes bancaires, ne s'applique pas ici. La séparation des avoirs limite le risque, elle ne le supprime pas.

Enfin, l'agrément ne dit rien de la qualité des cryptos proposées. Une plateforme sérieuse peut lister des jetons très risqués. Pour chaque crypto admise à la négociation, un livre blanc doit exister, mais l'AMF ne l'approuve pas : son auteur est seul responsable de ce qu'il contient.

Quels signaux doivent vous arrêter ?

Certains signes ne trompent pas. L'AMF en dresse la liste :

Un rendement garanti. « Des rendements élevés garantis (au-delà de 2 à 3 %), ça n'existe pas », écrit l'AMF. Aucune société sérieuse ne peut garantir un rendement minimum sur des cryptos.

Un démarchage. Un appel, un message sur un réseau social, un « conseiller » qui vous contacte sans que vous l'ayez demandé. Une société absente de la liste blanche n'a pas le droit de vous démarcher.

Des détails qui clochent. Pas de mentions légales, un site sommaire, des coordonnées ou un compte bancaire à l'étranger.

Un effet de levier élevé. Les contrats qui permettent de parier sur le cours d'une crypto sans l'acheter, les CFD, relèvent d'un autre statut (prestataire de services d'investissement, vérifiable sur le registre Regafi). Pour un particulier, leur effet de levier est limité à 2 depuis 2018. Une offre qui propose plus est illégale.

Pour aller plus loin, notre article sur les arnaques au faux support montre comment ces escrocs s'y prennent.

Et une fois inscrit, quels réflexes ?

Protégez le compte avant d'y déposer un euro : un mot de passe fort et unique, et la double authentification. Vérifiez chaque adresse de destination caractère par caractère avant un envoi, car une erreur ne se rattrape pas. Et rien ne vous oblige à tout laisser sur la plateforme : un portefeuille froid vous permet de garder vous-même vos clés.

Si vous débutez, notre guide pour comprendre la blockchain et le bitcoin pose les bases, et celui sur les premiers euros de bitcoin détaille un premier achat. Au moindre doute, AMF Épargne Info Service répond gratuitement au 01 53 45 62 00.

Mis à jour le 21 oct. 2026

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