Stellar (XLM), la crypto des paiements qu'on oublie
Lancé en 2014, Stellar sert à envoyer de l'argent d'un pays à l'autre en quelques secondes pour une fraction de centime. Comment il fonctionne, et pour qui.

Stellar est un réseau de paiement ouvert, lancé en 2014, dont la monnaie s'appelle le lumen (XLM). Il a été conçu pour envoyer de l'argent d'un pays à l'autre en quelques secondes, avec des frais d'une fraction de centime. Il fait rarement la une, parce qu'il travaille surtout pour des entreprises de transfert d'argent.
Pourquoi envoyer de l'argent à l'étranger coûte cher
Un virement international classique passe souvent par plusieurs banques intermédiaires, qui prennent chacune une commission et ajoutent un délai. Pour les travailleurs qui envoient de l'argent à leur famille dans un autre pays, ces frais pèsent lourd : la Banque mondiale suit leur coût depuis des années, et rappelle régulièrement qu'il reste bien au-dessus de l'objectif international de 3 % du montant envoyé.
Stellar a été conçu pour réduire cette chaîne d'intermédiaires à un seul registre partagé, accessible à toute entreprise de paiement qui veut s'y brancher.
Qui est derrière Stellar ?
Le réseau a été cofondé par Jed McCaleb, l'un des fondateurs de Ripple, et Joyce Kim. Il est soutenu par la Stellar Development Foundation, une fondation à but non lucratif basée aux États-Unis. Notre comparatif XRP et XLM raconte ce lien de parenté.
Comment ça marche, simplement ?
Pas de minage sur Stellar. Des serveurs indépendants, répartis dans le monde, se mettent d'accord sur les opérations à valider grâce à un système de vote appelé Stellar Consensus Protocol. Chaque serveur choisit à quels autres serveurs il fait confiance. Un nouveau bloc d'opérations est validé toutes les cinq secondes environ.
Les frais de base sont fixés à 100 « stroops », soit 0,00001 XLM par opération : une somme si petite qu'elle ne se compte même pas en centimes. Ces frais servent surtout à empêcher qu'un plaisantin sature le réseau de millions d'opérations.
À quoi sert-il en pratique ?
Stellar sert de tuyau pour faire circuler des monnaies numériques, notamment des stablecoins comme l'USDC. En 2021, le géant du transfert d'argent MoneyGram s'est associé à la fondation Stellar pour permettre de déposer ou retirer des USDC en espèces dans ses agences. L'idée : quelqu'un envoie des dollars numériques depuis son téléphone, le destinataire les retire en monnaie locale de l'autre côté de la frontière.
Le rôle des « ancres »
Sur Stellar, l'argent entre et sort du réseau grâce à des intermédiaires appelés ancres : des entreprises qui acceptent des euros, des dollars ou des pesos et émettent l'équivalent numérique sur le réseau, puis font l'inverse à l'arrivée. Ce sont elles qui font le lien avec le monde réel, et qui sont soumises aux règles de leur pays, notamment contre le blanchiment.
Stellar intègre aussi une place de marché : le réseau sait convertir automatiquement une monnaie en une autre pendant le transfert. Un envoi peut partir en dollars numériques et arriver en euros numériques, sans que l'expéditeur ait à faire le change lui-même.
À quoi sert le lumen ?
Le XLM a deux fonctions techniques. Il paie les frais, aussi minimes soient-ils. Et il sert de dépôt de garantie : chaque compte doit garder un petit solde minimum en XLM, fixé à 1 lumen pour un compte de base, plus 0,5 lumen pour chaque élément ajouté. Ce mécanisme évite la création de millions de comptes inutiles.
Le nombre total de lumens est d'environ 50 milliards depuis que la fondation en a détruit plus de la moitié en 2019. Une part importante reste détenue par la fondation Stellar, qui s'en sert pour financer le développement du réseau : un point à connaître, car ses ventes éventuelles peuvent peser sur le prix.
Pourquoi on en parle si peu
Ses utilisateurs sont des services de paiement et des entreprises, pas des particuliers qui suivent les cours. Le réseau fonctionne en coulisses. Cela ne protège pas le XLM des chutes de prix : comme toute crypto, il peut perdre une grande partie de sa valeur. Les risques sont détaillés dans notre guide.
Et pour un particulier en France ?
Un particulier peut détenir des lumens sur une plateforme agréée ou dans un portefeuille personnel, et envoyer des XLM ou des stablecoins sur le réseau. Mais pour un virement en euros à l'intérieur de la zone euro, le virement bancaire instantané, gratuit ou presque, reste souvent plus simple. L'intérêt de Stellar se voit surtout pour les envois vers des pays où les virements restent lents et chers.
Les limites du modèle
Un réseau rapide ne suffit pas : il faut des ancres fiables et agréées dans chaque pays, et des utilisateurs prêts à s'en servir. Dans beaucoup de régions, l'argent liquide et les services traditionnels restent plus simples. Stellar doit aussi faire face à des concurrents nombreux, des autres blockchains aux nouveaux systèmes de paiement instantané lancés par les banques centrales. Son succès comme outil de paiement ne garantit enfin rien sur le prix du lumen.
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